Blog Webmarketing, E-commerce et Referencement par Olivier Douard

vendredi, septembre 19, 2008

Lagardère Active: Virage numérique en bonne voie

Nous évoquions ensemble sur ce blog il y a quelques mois le virage numérique pris par Lagardère Active (Pôle Médias de Lagardère) depuis 2007. La part du chiffre d’affaires réalisé par Internet pour le Groupe plafonnant aux environs de 1%, Didier Quillot, nommé Directeur de Lagardère Active Media, avait mis en place un plan de relance. Objectif ? 5 à 10% du chiffre d’affaires réalisé par les revenus issus du Web d’ici 2010.

Plus de 6 mois après cette annonce, qu’en est-il ?

Lagardère Active a annoncé fin août une hausse de 7,3% de son résultat opérationnel sur le premier semestre 2008. Dans un contexte publicitaire délicat pour la presse, la TNT et Internet tirent logiquement leur épingle du jeu avec « une croissance à deux chiffres ». Didier Quillot en profite également pour faire un point intermédiaire sur son plan à 3 ans. La part du Web dans le chiffre d’affaires de Lagardère Active s’élève désormais à 6,5% (à fin juin). Un chiffre qui colle déjà à l’objectif évoqué pour 2010. La barre des 7% pourrait être atteinte dès la fin de l’année.

Cette évolution attendue est le fruit d’un réel virage vers le numérique. Lagardère Active se tourne plus que jamais vers les canaux Web et mobiles pour y trouver des relais de croissance à son cœur d’activité.

Prochain challenge : la TMP (Télévision Mobile Personnelle). N’ayant obtenu en avril dernier qu’une seule autorisation (Virgin17) au sein des 13 chaînes sélectionnées par le CSA, Lagardère Active peaufinerait actuellement plusieurs dossiers pour répondre au prochain appel à candidatures du CSA prévu en 2009 et y présenter « au moins deux chaînes » selon Julien Billot, directeur numérique de Lagardère Active : « Nous avons été l'un des grands perdants [cf appel à candidatures d’avril 2008] et nous comptons bien nous rattraper lors de la nouvelle session ».


Par ailleurs, Lagardère continue d’intensifier sa présence sur la toile. En lançant ce mois-ci Dekio.fr (« premier moteur de recherche 100% déco »), Lagardère continue sa croisade numérique pour tenter d’atteindre son objectif en cours de 100 nouveaux sites Web d’ici fin 2009.

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dimanche, mars 04, 2007

Joost : le succès 2007?


Niklas Zennstrom et Janus Friis, déjà connus pour avoir lancé Kazaa et Skype, s’attaquent désormais à la Web TV. Persuadés que télévision et internet ont des compatibilités encore inexploitées, les deux hommes et leur équipe travaillent depuis plusieurs mois sur « the Venice Project » depuis renommé plus sobrement « Joost ». «Our name may have changed, but our vision's the same - to bring you TV wherever and whenever you want it, free of the restrictions of schedules and subscriptions».

Le concept de Joost est à la fois simple et révolutionnaire. Joost propose des chaînes TV où il est possible de consulter un panel de programmes. Il n’y a donc pas (en tout cas pour l’instant) de programmes en direct. Le nombre de chaînes est amené à devenir très important suite au lancement public prévu dans les mois qui viennent (Joost n’est actuellement qu’en version Bêta, je remercie au passage Thomas Friol pour l’invitation). Il y a pour le moment des chaînes musicales, la National Geographic, quelques séries TV, la chaîne du World Poker Tour… Aucun téléchargement n’est possible mais tous les programmes restent en ligne. L’interface de Joost est très agréable et graphiquement réussi. Le petit plus de Joost, c’est le menu « My Joost » qui vous permet tout en regardant votre programme TV d’ajouter certains widgets afin par exemple de prendre des notes durant votre visionnage, de noter le programme ou encore de faire défiler en bas de l’écran les dernières actualités venant des flux RSS que vous aurez vous-mêmes configuré. Il y a également possibilité de discuter avec d’autres internautes regardant le même programme.




Si Joost reste un projet pour le moment assez confidentiel sur lequel les fondateurs communiquent peu, le buzz à l’approche de la sortie officielle du logiciel ne cesse d’augmenter depuis le lancement de la version Beta en décembre 2006. Une stratégie de communication de plus en plus classique qui permet à la fois d’entretenir un culte du rare et de s’offrir un vrai retour d’expériences utilisateurs par les testeurs. Une distribution d’invitations à la version Bêta au compte-gouttes pour nourrir une mécanique virale bien huilée et très efficace.

Au niveau du modèle économique de Joost, il semble qu’il sera basé à la fois sur un modèle publicitaire et sur un modèle payant. En ce qui concerne la publicité, déjà présente dans la version Bêta test, elle devrait être limitée et bien inférieure au modèle télévisuel classique. Pour le modèle payant, il ne concernera qu’une partie des programmes et servira également à rémunérer les éditeurs. Une grande majorité des programmes resteront en visionnage gratuit. Joost possède tout pour réellement révolutionner le marché des Web TVs, notamment l’appui de majors stratégiques comme Viacom (MTV, Paramount…).

Démonstration vidéo sur YouTube:

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mercredi, février 14, 2007

Interview Jean Sébastien Cruz (MonVoyageur)

Mon Voyageur est une communauté basée autour de l’e-tourisme. Lancé en janvier 2007 et mettant à disposition des utilisateurs un grand nombre de fonctionnalités (blogs, wiki, notations, hébergement vidéos…), Mon Voyageur se définie comme « le premier site des voyageurs ». Jean Sébastien Cruz, le fondateur a eu la gentillesse de répondre à mes questions.

Olivier Douard : Bonjour Jean Sébastien, peux-tu nous présenter la manière dont t’est venue l'idée de te lancer dans l'e-tourisme?

Jean Sebastien Cruz : C’est en fait une très vieille idée ! J’utilise Trip Advisor ou Virtual Tourist depuis 1997 – 1998. Lors de mes voyages à l’étranger, j’étais souvent obligé de m’acheter finalement un guide sur place et je me suis très rapidement dit qu’il y avait quelque chose à faire à ce niveau là. On a commencé à travailler sur le projet MonVoyageur.com depuis septembre 2005 ! On a monté notre équipe (qui est d’ailleurs restée quasiment la même jusqu’à aujourd’hui) et on a construit une architecture technique très solide pour résister aux montées en charge que subira le site avec les hébergements vidéo notamment. Nous avons lancé celui-ci, le 13 janvier dernier et commencé à communiquer depuis début février. Aujourd’hui, nous sommes vraiment surpris par les très bons débuts. La communauté se construit peu à peu et l’on dénombre une vingtaine de création de blogs chaque jour. Nous recevons également un excellent accueil du côté des professionnels du secteur.

OD : MonVoyageur joue la carte du web participatif. Le Wiki est l'outil collaboratif par excellence et Mon Voyageur est également un fédérateur de blogs encourageant ses internautes à se transformer en "blog trotteurs". Selon toi, l'internaute, avant son achat et notamment en e-tourisme, fait-il d'avantage confiance à ses camarades internautes qu'aux sites spécialisés?

JSC : La structure économique de l’e-tourisme est bicéphale: une partie concerne l’e-commerce, tandis que l’autre partie est tournée vers le conseil et c’est justement celle là qui nous intéresse. De nombreuses personnes veulent vendre un produit (classé par types d’offre) et se livrent ainsi une bataille sur le prix. L’autre marché se joue d’avantage sur le service. Aujourd’hui, les internautes souhaitent toujours trouver la bonne information. Ils n’ont plus confiance dans les messages préfabriqués de certains « sites spécialisés », ou tout est trop beau pour être vrai. Seule la vérité les intéresse. En ce moment, on parle beaucoup des réseaux sociaux…MonVoyageur en est un ! Le voyage est un moment important dans une vie, on n’en compte pas plus d’un ou deux par an, sauf exception. La préparation est donc très importante et les internautes apprécient de plus en plus les retours d’expériences réelles. Je ne crois plus à l’information verticale du journalisme classique. Aujourd’hui, chacun doit participer à l’information pour qu’elle soit plus juste et représentative. La recherche d’avis de consommateurs devient de plus en plus naturelle pour les internautes.


OD : Comment faire pour éviter que certains blogs tournent au règlement de compte ?

JSC : Il faut bien évidemment veiller à ne pas aller vers le règlement de compte, néanmoins nous nous devons d’offrir aux internautes des renseignements véridiques! L’information est multi-centre, chacun détient la sienne et peut la faire partager. Nos utilisateurs recherchent la vérité. Si un internaute est déçu de son voyage, nous lui donnons également les clés pour qu’il le dise et prévienne ainsi la communauté. Bien sur, nous avons une ligne éditoriale, nous souhaitons des commentaires de qualité et pour cela, tout est modéré. On vérifie les commentaires les plus virulents, on prend contact avec les agences, les hôtels en question… Nous n’hésitons pas à publier un commentaire particulièrement agressif s’il nous paraît honnête. S’ils se sont fait avoir, les gens ont le droit de le dénoncer !


OD : MonVoyageur semble avoir pour objectif premier de se former une communauté. A quel moment la plateforme collaborative basculera vers un modèle e-commerce?

JSC : Nous ne sommes pas des vendeurs! Si l’on veut bien faire notre métier, on ne doit pas commercialiser. Nous risquerions de ne pas être objectifs. Notre modèle est un mélange de Trip advisor, MySpace et Trip connect. Nous serons un apporteur d’affaires naturel pour les agences de voyage. Sur MonVoyageur, nous laisserons la possibilité aux internautes de se rendre chez les voyagistes. C’est déjà le cas actuellement et nous souhaitons très rapidement améliorer l’intégration. Je crois beaucoup aux modèles publicitaires ! Lorsque nous avions monté Evene.fr, un modèle média, les gens ne croyaient pas en nous. A l’époque, il était inconcevable de monter un modèle économique basé sur la publicité. Mais les bons médias tirent leur épingle du jeu… Trip Advisor représente par exemple 15% du chiffre d’affaires d’Expedia.


OD : Innovant sur un marché conservant des taux de croissance exceptionnels, peut-on avoir une idée des prochaines nouveautés disponibles sur MonVoyageur à court et long terme?


JSC : On ne peut pas tout dire mais il y a beaucoup de développements ! On va peaufiner notre offre en intégrant notamment les locations (de ski par exemple) et en élargissant notre panel d’hôtels. Nous sommes toujours en version Beta, il y a beaucoup de choses à améliorer! L’objectif à terme, c’est de devenir le premier site de conseils en voyages. Il n’y a pas de gros concurrents sur ce marché, il y a la place de s’installer en développant de nouvelles fonctionnalités dans l’intérêt de nos utilisateurs. Les voyagistes sont également en attente de sites comme MonVoyageur. Ils sont obligés pour le moment de faire de la publicité non ciblée sur les grands portails généralistes. En ce sens, les Etats-unis sont un bon exemple. Là-bas, il existe une dizaine de sites comme MonVoyageur et ils sont même segmentés.

OD: Merci beaucoup Jean Sébastien et à très bientôt!

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jeudi, février 08, 2007

Lagardère plein cap sur le numérique


« Nous entrons dans une phase de rationalisation et de développement numérique ». C’est par cette phrase lourde en conséquences que le nouveau patron de Lagardère Active Média Didier Quillot s’est exprimé pour annoncer le plan de relance du groupe de presse. Economiser 70 millions d’euros par an (notamment en diminuant ses effectifs de 7 à 10% dans le monde) dans le but de devenir « un leader des contenus sur le Net et du cross-média ». Certains titres de presse appartenant au Groupe sont également amenés à disparaître. Un signe fort qui symbolise le virage pris par le groupe Lagardère : priorité aux titres de presse adaptables au canal Web.

L’urgence est réelle. Seul 1% du chiffre d’affaires total du groupe provient du numérique. Pour atteindre les objectifs fixés entre 5 et 10% d’ici 2010, Lagardère sait qu’il devra développer en priorité ses titres phares offline s’étant fait distancés sur la toile. L’exemple le plus marquant étant Elle.fr, titre de presse à succès et pourtant peu représentatif sur Internet où des sites comme Aufémin.com ont su saisir les premières opportunités du marché.

La prise de conscience semble en tout cas profonde et les mouvements vont dans le sens d’un plein cap vers le numérique. Interrogée par VuNet sur le paradoxe du groupe Lagardère qui ne possède « qu’une » cinquantaine de sites Web contre plus de 250 titres de presse, Danielle Attias (consultante sur les nouveaux médias pour le cabinet d’études Greenwich Consulting) évoque un retard dans le développement numérique du groupe («Sur chaque segment où Lagardère rencontre des concurrents, le groupe de communication est distancé ») qui s’avère être en opposition avec les premières activités de Lagardère sur Internet (création de Club-internet depuis revendu, Elle.fr en ligne dès 1996…). De la difficulté d’un groupe de presse traditionnel à se transposer sur un nouveau canal où les attentes et contraintes sont différentes.

Comment se traduit aujourd’hui la volonté affichée par Lagardère de jouer la carte du numérique ? Premièrement par des acquisitions. L’achat de NewsWeb (éditeur de boursier.com, sports.fr…) révèle l’envie du groupe de se doter de compétences dans le développement des médias numériques. Deuxièmement par l’appel à l’innovation pour chacun de ses titres en ligne. Pour exemple, podcasts vidéo et audio, widgets, RSS font désormais partie du quotidien d’Europe1.fr. Troisièmement il faudra suivre la mutation de Lagardère Active publicité (LAP) et Interdeco, les régies publicitaires du groupe, ayant fait leurs preuves sur les canaux offline (en captant notamment un tiers des auditeurs radio) et devant désormais se développer sur le Web en obtenant la gestion publicitaire d’un portefeuille client représentatif (Evene.fr, l’excellent site culturel, vient de confier sa régie publicitaire à LAP).

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lundi, mai 29, 2006

La "mal info" de Denis Muzet

Le sociologue Denis Muzet a sorti en mars dernier une étude très intéressante intitulée « La mal info : enquête sur des consommateurs de médias ». Si Denis Muzet fait ainsi le rapprochement entre la consommation d’information (la « mal info ») et la consommation alimentaire (la « mal bouffe »), c’est pour montrer à quel point les habitudes de consommation de l’information ont changé. La presse (comme nous en avons parlé avec Eric Tourtel récemment) mais peut être encore plus la télévision se retrouvent face à une demande qui n’a rien à voir à il y a encore quelques années. Internet et son développement ont ainsi changé la donne. Les français donnent aujourd’hui à l’information une place beaucoup plus importante qu’auparavant. Au point d’être devenus selon le sociologue « média-dépendants », constamment à la recherche de l’information la plus actualisée possible… mais pas forçément la plus traitée. Le français ingurgite donc beaucoup plus d’informations qu’auparavant, faisant ensuite son propre tri. Ces nouvelles façons de consommer l’information proviennent selon l’enquête d’un mal récent plus profond basé sur l’insécurité. Ce serait donc l’inquiétude du monde qui m’entoure qui fait que je devient boulémique d’informations. La sur-consommation d’informations serait donc en fait selon le livre le moyen trouvé par les français de se rassurer.

Selon Denis Muzet, les français se sentent de plus en plus impliqués par la recherche mais encore d’avantage par le partage de l’information. C’est ce que le sociologue apelle le « Tous journalistes, tous photographes », symbolisé évidemment par la montée en puissance des moyens d’expression des internautes, les blogs en chef de file. Travaillant pour l’Observatoire du débat public, Denis Muzet pense que ce besoin de participation à l’information et au débat sera encore plus visible à l’occasion des élections 2007 comme il a pu se développer autour des évènements majeurs récents comme le Tsunami ou le CPE. Accordant un entretien à Libération, Denis Muzet met tout de même en avant le danger que réprésente la consommation rapide et sans approfondissement de l’information. « L’info brêve paraît plus crédible, là est le danger ! […] Des téléspectateurs ou auditeurs ne retiennent que les titres et ne comprennent pas le développement de l'info. Ils en ont parfois une compréhension erronée ».

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lundi, mai 22, 2006

Interview Eric Tourtel (Unidad Editorial)

unidad editorial el mundo presse en ligne

Entretien avec Eric Tourtel que j’ai eu la chance de rencontrer au hasard de mes navigations sur le Web afin de parler de l'évolution de la Presse face au développement d'Internet. Eric est l’incontournable « Monsieur Pub online » en Espagne, gérant les espaces publicitaires du site Elmundo.es qui revendique 8 millions de lecteurs par mois. Il a fait preuve d’une grande disponibilité pour répondre à mes questions et je l’en remercie.

Olivier Douard : Bonjour Eric Tourtel. En tant que chef de publicité online du Groupe Unidad Editorial qui gère ElMundo un grand quotidien espagnol, pensez vous que la presse papier classique est actuellement en pleine révolution du fait de la montée en puissance d’Internet?

Eric Tourtel : Bonjour Olivier, en fait je suis responsable de la vente d'espaces publicitaires du quotidien online www.elmundo.es pour toutes les entreprises dont le siège social se trouve en Catalogne. Le groupe Unidad Editorial appartient à la Holding RCS Group (Corriere de la Serra, Gazetta dello Sport...), et édite en Espagne 3 magazines, en plus de El Mundo (second quotidien espagnol), d'une collection de livres (la esfera de los libros) et d'une chaine de télévision digitale (Veo TV).

A mon (humble) avis, la presse papier devra forcémment évoluer vers un autre modèle de contenu : ne plus chercher à informer, mais interpréter l'information. La grande force du Net, c'est la rapidité de l'information... juste le contraire de la presse. Dès qu'il se passe quelque chose, de plus en plus de gens vont directement sur internet, et cherchent leur info... ils la lisent, ils la regardent en format vidéo, et ils n'ont donc plus besoin d'attendre le journal télévisé de 20heures, et encore moins leur quotidien du lendemain. Je pense que la Coupe du Monde de football de juin va le démontrer : les matches se jouent dans l'après-midi, donc pendant la journée de travail, et hors vacances scolaires... le seul moyen de savoir ce qu'il se passe en Allemagne tout en travaillant (dans un bureau) sera... internet!! On pourra voir les buts en flash, en vidéo, on pourra lire le déroulement des matches en direct... Je pense que l'audience online va exploser!

En fait, pour répondre à ta question, je pense que le lecteur online cherche de l'actualité, et le lecteur papier cherche une opinion. Par exemple El Mundo est le second quotidien d'Espagne... ultra conservateur, et sa version online a son directeur, ses journalistes, et la ligne éditoriale est beaucoup plus soft, rien à voir avec l'édition papier... Pourquoi? Parce que nos lecteurs online veulent une info très complète et très rapide, pas des interprétations de l'actualité.

Je pense que le futur de la presse papier est là: dans l'approfondissement de l'information, dans le journalisme d'enquète, et non plus dans l'actualité.


OD : El Pais, un autre quotidien papier espagnol, s'est montré particulièrement actif sur Internet dernièrement en lançant un concept très novateur développé sur ce blog, 24 Horas, un quotidien en ligne imprimable qui s'actualise toute la journée afin de permettre à l'Internaute d'avoir un quotidien pertinent. Ne trouvez-vous pas paradoxal pour un quotidien papier comme El pais de lancer sur Internet un journal gratuit et imprimable?

ET : Je pense que c'est un bon produit, notamment pour les gens en vacances à l'étranger, qui peuvent ainsi imprimer le journal de leur pays et le lire tranquillement sur leur chaise longue... Je pense également que certaines personnes imprimeront leur journal et le liront dans le metro en rentrant. La limite de ce service? le nombre de lecteurs... Je pense que l'audience sera tellement faible que ce service ne pourra pas être rentable, car les annonceurs paient le nombre d'impacts.


OD : Peux-t-on s'attendre à voir une réponse d'El Mundo à El Pais avec le lancement d'un nouveau concept de presse en ligne?

ET : Non puisque c'est un produit que nous avons lancé il y a 3 ans et demi ;o) et qui n'a pas fonctionné. Pour être exact notre édition imprimable en pdf s'actualisait 3 fois par jour, pas 24h/24 comme "24horas"... mais je ne pense pas qu'ils aient un meilleur résultat... à suivre!

Un détail amusant... Il est possible que les personnes ayant lancé ce produit sur www.elmundo.es à l’époque soient les mêmes que les créateurs de "24horas" puisqu'il y a 3 ans, www.elpais.es a débauché 21 des 22 personnes qui travaillaient sur www.elmundo.es!


OD : Quelle est selon vous la solution la plus adaptée pour que la Presse vive sur Internet? Abonnements? Publicité? Autre?

ET : A l'exception des journaux à contenu très spécifique (journaux financiers par exemple), qui peuvent vendre leur contenu, ou du moins certaines études, je pense que l'information online doit être gratuite. En Espagne, les quotidiens qui ont voulu faire payer leur contenus ont subi des baisses d'audience terribles. Je pense que la publicité, et la vente online sont et seront les grands moteurs de la presse online. On parle aussi des liens sponsorisés... mais il sera très difficile de segmenter comme le font les moteurs de recherche, donc être compétitifs à ce niveau là.


OD : Le site Internet d'El mundo est le plus lu d'Europe. Est-il aujourd'hui rentable? Comment se rémunère-t-il?

ET : C'est également le plus lu du monde en langue espagnole, et le troisième quotidien online du monde selon Alexa, après le NY Times et le Washington Post. L'an dernier les ventes totales de publicité ont été de 8 millions d'euros et www.elmundo.es a généré un bénéfice net de 3 millions d'euros!! Je ne connais pas la proportion exacte de nos co-brandings (les ventes de notre boutique online) dans nos ventes totales... mais il est de notoriété publique que la publicité représente plus de 80% du chiffre d’affaires total.


OD : Merci encore Eric de m’avoir accordé cet entretien. A très bientôt et d’ici là, bonne continuation à Elmundo.es avec pourquoi pas la barre des 10 millions de lecteurs par mois franchie très prochainement.

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dimanche, avril 23, 2006

24 Horas, le journal en continu

presse en ligne journalisme numerique

On connaissait « 24 », la série télévisée où les aventures de Jack Bauer sont décrites heure par heure. Voici maintenant « 24 Horas » ( « 24 Heures » en français ), la version Web du journal papier espagnol El Pais ( Groupe Prisa ). On le sait, la Presse papier a toutes les peines du monde à se défendre face à la place de plus en plus importante que prend Internet dans notre recherche d’information et d’actualité. Face à cette problématique, de nombreux quotidiens ont tenté quelques opérations, pour la plupart misant sur la complémentarité Papier/Web en proposant par exemple à ses lecteurs de réagir aux articles papier sur leur site Internet. Certains journaux proposent également l’abonnement en ligne mais ce dernier tarde à confirmer les espoirs (et les investissements) placés en lui. Des sites Internet comme Giga Presse se proposent d’être le portail de nombreux journaux en ligne gratuits ou payants.

Ainsi, El Pais avec 24 Horas va tenter de s’imposer sur le marché de la presse en ligne. Le concept est innovant, une « initiative sans précédent dans le monde » selon le journal, qui va donc proposer aux internautes une version de son journal actualisée en temps réèl. Ainsi, l’internaute pourra télécharger en version PDF puis imprimer 24 Horas avec les toutes dernières actualités. Le contenu évoluera donc sans cesse durant la journée et le quotidien en ligne fera entre 8 et 16 pages selon l’heure à laquelle il sera téléchargé. 5 versions différentes, la première réservée aux abonnés sera sans publicité, les 4 autres ( Générale, Espagne, International et Economie) seront gratuites pour les lecteurs et finançées par les annonceurs.

Si l’on réfléchit aux possibilités qu’offre Internet en matière de consultation d’actualité, cette initiative d’El Pais est en fait un moindre mal vis-à-vis de la facilité pour un Internaute de se procurer une information récente sur le Web. En multipliant ses sources de recherche, il est possible d’avoir rapidement l’ensemble des dernières atctualités et ceci dans tous les domaines. El Pais espère donc centraliser toute l’actualité afin que ses internautes n’aient pas d’intérêt à trouver une source dotée d’une mise à jour plus récente. Souhaitons en tout cas à « 24 Horas » d’être la première véritable réussite de la Presse sur Internet. En ligne dès lundi !

Edit lundi 24/04/06 : 24 Horas, c'est par là

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mardi, mars 28, 2006

La Web-génération impatiente

Insolite ! Une étude menée par easymoney.com met en avant l’impatience des jeunes britanniques de 18 à 29 ans. Pour expliquer ce phénomène, Internet est directement pointé du doigt. Trop habitués à la réactivité offerte par Internet et la rapidité de leur navigation, les jeunes britanniques auraient désormais la hantise des files d’attente. La génération "Won't Wait, Won't Do" ( pour "Je n'attendrai pas, je ne ferai rien" ) comme la nomme l’étude n’accepterait donc plus de perdre son temps. Stelios Haji-Ioannou, propriétaire d'easyMoney.com précise que "cette génération habituée à la vitesse de l'Internet trouve les services offline comme les médecins, dentistes et coiffeurs beaucoup trop lents. L'Internet nous fait gagner plus d'une heure par jour, soit environ quinze jours par an. Habitués à cette rapidité, nous avons perdu notre légendaire patience britannique ; l'image de l'Anglais attendant son tour appartient au passé." Une étude qui peut donc nous amener à sourire mais qui selon easymoney pourrait provoquer des conséquences plus profondes qu’il n’y parait : un tiers de la jeune génération britannique déclare en effet n’avoir pas le temps d’aller au dentiste ou chez le médecin et ceci, même s’ils sont souffrants.

De quoi freiner la volonté des gouvernements de développer l’usage d’Internet au sein des écoles et ainsi alimenter encore plus cette Web-génération ? Surement pas. Pour nous rassurer, gardons en tête les études réalisées l’an passé par XitiMonitor où le cliché de l’accroc d’Internet, asocial et enfermé chez lui, était menaçé par des études montrant notamment la baisse générale du trafic sur Internet les jours de beau temps. Il est en revanche tout à fait correct de parler de changements de comportements grâce/à cause d’Internet. Cette recherche de rapidité en est l’un des principaux facteurs. La maximisation de son temps devient un objectif avoué, aussi bien dans les achats que dans les rencontres ou encore dans ses recherches d’informations. Ces facteurs sont donc à prendre en compte pour les entreprises présentes ou non sur le Web, beaucoup l’ayant déjà assimilé, la majorité des « Best pratices » du Web s’appuit déjà clairement sur ce phénomène.

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mardi, mars 21, 2006

CBS mise sur Internet

cbs basket internet tv ip

Aux Etats-Unis, le basket universitaire (championnat NCAA) déchaine les foules et génère des audiences TV semblables voire supérieures à celles réalisées par la ligue professionnelle (NBA) ou encore le Superbowl (finale américaine de football américain). Point d’orgue de la saison universitaire, la « March madness » (Folie de Mars) voit s’affronter durant deux semaines les meilleures équipes de la saison afin d’accèder à la finale. Cet évenement, traditionnellement suivi par des millions d’américains sera diffusé pour la première fois sur Internet sur le site de la CBS, chaîne possèdant l’exclusivité des droits du championnat universitaire. La nouveauté est importante, l’internaute peut ainsi regarder les matchs de manière entièrement gratuite. "Au lieu de demander aux téléspectateurs de payer, ils demandent aux annonceurs. C'est l'occasion de voir si ce nouveau modèle de revenus peut fonctionner" explique John Swallen, vice-président de la société d'analyse TNS Media Intelligence.

Avec 1,2 millions d’internautes pour la première journée, le succès de la formule est entier et CBS compte maintenant battre le record d’AOL qui avait diffusé les concerts de Live 8 devant 5 millions de spectateurs sur la journée. Afin de ne pas délaisser sa chaîne de télévision, CBS précise que les matchs diffusés à la TV ne le seront pas dans le même temps sur Internet et vice versa afin de conserver le sentiment d’exclusivité sur chaque rencontre. Une rupture de la chaîne média qui ne semble pas déplaire aux internautes amoureux de la balle orange. A tel point qu’aujourd’hui l’opération de CBS fait polémique. De nombreux patrons américains n’hésitent pas à parler de baisse de productivité de leurs salariés à cause de ce genre de diffusions et mettent ainsi en place des systèmes de contrôle plus strictes autour de l’accès aux émissions en ligne. Ce à quoi CBS a répondu avec humour en créant un bouton sur la page Internet du Live intitulé « Boss button » qui permet aux salariés de passer en un clic sur une page de données financières.

Ces opérations exclusives devraient plaire aux annonceurs et donner un véritable élan à la publicité on-line. Les projets d’emissions TV sur Internet se multiplient, BBC préparant par exemple pour l’automne 2006 une série réservée aux jeunes sur Internet. La France suivra-t-elle la tendance ?

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vendredi, mars 03, 2006

Le point sur les bouquets TV par IP

Club Internet a dévoilé aujourd’hui son projet de lancement d’un bouquet de chaînes de télévision sur Internet pour le premier trimestre 2006. Depuis quelques mois, les FAI se livrent une bataille intense autour de la télévision par IP. Petit rappel : Free, FAI dynamique et aux politiques agressives est le premier fournisseur d’accès français à proposer un bouquet TV sur Internet (Freebox TV). France télécom emboîte alors très vite le pas avec son offre Maligne TV avant que la majorité des FAI de l’hexagone ne proposent leur propre solution (dans l’ordre d’apparition : Neuf telecom [Neufbox TV], Alice [Alice TV] et dès mars Cegetel). A l’heure actuelle, seul Télé 2 est encore resté muet sur ce marché et Club Internet est considéré comme en retard vis-à-vis de ses concurrents. L’offre sera-t-elle alors à la hauteur des attentes ?

Comment définir un bon bouquet TV sur Internet ? Si Club Internet proposait déjà la télévision sur Internet par streaming (et tous les inconvénients techniques qui vont avec), le FAI qui proposera désormais son bouquet par IP prendra-t-il le chemin de la TV HD (autrement dit la Haute définition) jusqu’alors uniquement présente chez Alice TV ? Club Internet ne l’a pas précisé. Le Haute définition offre une qualité exceptionnelle mais demande une bande passante importante (débit minimal de 6 mégas). Il y a quelques jours, l’Arcep a annoncé les chiffres du haut débit en France au 31 décembre 2005. Il y avait en fin d’année 9,5 millions d’abonnements haut débit en France. Une progression très forte mais suffisante pour faire exploser le marché des bouquets TV sur Internet ? Si les FAI ont certainement raison de lancer leurs offres TV le plus rapidement possible afin de se positionner sur le marché et d’aggrémenter leurs offres Internet d’un argument de poids, les perspectives de la télévision sur ordinateur dépendent directement du développement encore plus fort du haut débit (voir du «très haut débit» de 20 à 100 mégas). La France semble en tout cas très sensible au visionnage de la télévision par ce canal. Nous sommes les leaders européens de la télévision par IP et les études montrent que cela se confirmera dans les années à venir.


tv ip bouquets triple play comparatif
Source : Journal du Net


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dimanche, février 05, 2006

Place au E-Superbowl

Dimanche soir, de l’autre côté de l’Atlantique, aura lieu le Superbowl, autrement dit la finale annuelle du championnat de Football Américain. Evenement sportif regardé dans le monde entier et dans le top 5 des meilleurs audiences télévisuelles chaque année aux Etats-Unis, la compétition et le match en lui-même ont parfois tendance à passer au second plan d’un immense show médiatique où les plus grandes marques tentent de se faire une place.

Cette année, le Web s’invite à la table. Afin de donner encore plus d’écho à leur publicité télévisuelle, les annonceurs ont acheté en masse des mots clefs directement liés à leur spot sur les principaux moteurs de recherches. Une manière très efficace de prolonger la vie de son message publicitaire. Selon le Directeur Marketing de Yahoo, Ron Belanger, la moitié des annonceurs de la mi-temps du Superbowl ont eu recours à l’achat de mots clefs, soit une augmentation de 100% par rapport à l’an dernier. De son côté, Patrick Keane, chef du département des ventes publicitaires chez Google, trouverait étonnant qu’il y ait plus de 20% des publicités TV diffusées pendant le Superbowl à faire référence à un site Internet, même si le pourcentage augmente chaque année.

Burger King par exemple va utiliser son spot publicitaire pour faire la promotion de son nouveau microsite et donner la possibilité de voir sa publicité sur Google Video. Une campagne aggrémentée d’achats de mots clefs divers comme « Burger King » ou « Super bowl commercials »…

Concernant les publicités télévisuelles, elles ne seront pas diffusées en France. Pour ne pas passer à côté de ce phénoménal lieu de créativité, les publicités devraient être disponibles très rapidement après diffusion à travers un podcast (moyen de diffusion de fichiers audio ou video sur Internet). Voici l’adresse pour s’abonner au flux RSS. L’occasion de jeter un œil à des publicités aux budgets hollywoodiens comme le seront dimanche celles de Cadillac, Toyota, Budweiser ou Burger King…

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