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Olivier Douard : Frédéric, quelques mois après l'enquête de la DGCCRF, comment se porte le marché des comparateurs de prix?
Frédéric Lambert : Je ne sais pas comment se portent les autres comparateurs de prix. Pour notre part, Acheter moins cher se porte bien, malgré un léger tassement au début du printemps que je ne saurais attribuer plus à cette enquête qu'aux élections présidentielles qui sont traditionnellement une mauvaise période pour le commerce : les consommateurs ont tendance à reporter leurs gros achats d'équipement. Ce que je sais, c'est que cela a été mauvais en terme d'image. Nous avons reçu pas mal de remarques acides ou désobligeantes de nos utilisateurs. De ce fait, il y a bien eu un effet très négatif sur le secteur d'activité. D'un point de vue de notre CA, notre succès ne se dément pas avec cette année une hausse de 44% par rapport) à l'année dernière. Nous clôturons nos comptes fin juin d'une année sur l'autre. Nos revenus étant essentiellement basés sur un pourcentage sur les ventes, les 1 200 000 euros de CA que nous réalisons en 2006/2007 (contre 740 000 pour l'année 2005/2006) représentent les commissions sur toutes les ventes effectuées par notre intermédiaire. Ces commissions montrent que des millions d'utilisateurs ont utilisé notre service, comparé les prix et acheté en réalisant des économies substantielles.
OD : Aux conclusions de l'enquête de la DGCCRF, Acheter-Moins-Cher fut le seul comparateur de prix français à être jugé irréprochable en matière de transparence. En quoi le discours d'Acheter-Moins-Cher se distingue-t-il des autres comparateurs?
FL : Acheter moins cher est un comparateur de prix indépendant et neutre qui relève, classe et compare les prix de vente, du moins cher au plus cher, des produits neufs disponibles à l'achat en ligne chez les marchands fiables et sécurisés du web français. Notre discours est toujours le même depuis 1998 : nous sommes du côté du consommateur, nous apportons un service qui le renforce vis a vis des vendeurs. Nous sommes transparents, nos actes reflètent notre discours. Nous ne dupons pas nos utilisateurs. Je pense que tous les comparateurs ont le même discours, mais que les actes ne suivent pas. L'enquête en est la preuve. Je dois ajouter qu'aujourd'hui le terme comparateur est galvaudé : beaucoup de systèmes se rapprochent plus du guide d'achat ou de simple listings qui n'ont rien a voir avec la comparaison des prix tel que nous la pratiquons.
Acheter moins cher a été "gratuit" pour les boutiques de 1998 à 2000 : après l'éclatement de la bulle Internet, les revenus de la publicité ne permettaient plus de payer les collaborateurs et d'améliorer le système qui demande beaucoup de travail quotidien. Nous sommes alors passés sur un modèle au pourcentage qui n'a rien à voir avec le paiement au clic : une boutique qui ne vend rien ne paye rien. J'ai vu de nombreuses petites boutiques ruinées par des concurrents indélicats "au clic", et cela continu. Notre système permet à ces boutiques d'être présentes et de ne payer qu'au résultat. Je dois ajouter que certaines sociétés sont "au clic" chez nous car elles le veulent. Elles ne veulent pas dévoiler leurs ventes et parfois, pour des vendeurs qui ont de gros paniers d'achat, le clic peut être plus intéressant que le pourcentage. Cela représente en gros 10% de notre CA, 10 % également pour la publicité et 80% pour les revenus au pourcentage sur les ventes.
Nous avons à peu près 100.000 visiteurs jours, soit 3 millions par mois. Il faudrait au minimum 10 fois ce trafic pour avoir les revenus suffisants pour ne vivre que de la publicité style Adsense. Certains nouveaux concurrents disent être gratuits mais c'est simplement du mensonge : ce n'est pas possible pour un vrai comparateur de prix. Il faudrait avoir 100% du marché en France et encore, ce ne serait pas suffisant.
Il faut savoir que la vraie comparaison des prix demande un travail de "matching" qu'il est impossible de faire automatiquement. On peut rapatrier des infos en crawlant les sites mais ce n'est pas suffisant, il faut "matcher", tout le métier ce situe a ce niveau. Nous avons développé un système mixant l'automatisme au travail manuel pour donner la meilleure information à nos utilisateurs et cela marche.
Le fait de faire payer un pourcentage a aussi des effets positifs : nous pouvons faire pression sur les boutiques qui se comportent mal envers les acheteurs. Nous supprimons ou suspendons régulièrement des boutiques indélicates qui pratiquent la cavalerie : vous achetez, vous êtes débités et n'êtes livrés que 6 mois après... C'est inadmissible. Les systèmes gratuits, sans contrôle, se retrouvent avec les spammeurs en tête de liste qui balancent des fausses infos sur le prix pour avoir le trafic. Frooggle aux USA qui est sur un système de Push est confronté à ce type de problème : les premiers prix sont souvent "faux". Il faut constamment être sur ses gardes et ne pas faire confiance aux boutiques ... La limite de l'exhaustivité est là : faut il garder une boutique indélicate ou la supprimer? Faut il montrer les prix du "moins cher" si il y a une chance sur deux pour que l'acheteur ne soit pas livré? Nous estimons que non.
OD : Cette distinction peut-elle devenir un argument commercial fort aux yeux des utilisateurs?
FL : Sur le Net comme ailleurs, une réputation se fait peu à peu et par l'usage. Je pense que nous avons toujours gardé la même politique : nos vrais clients sont nos utilisateurs, ce ne sont pas les boutiques en ligne. Nous souhaitons avoir la confiance de nos utilisateurs. La transparence est, je pense, encore plus nécessaire sur le net que dans les sociétés traditionnelles. L'exemple de Google est frappant : ils font ce qu'ils disent et ne privilégient pas un gros groupe par rapport à des petites boites. Tout le monde est sur un pied d'égalité. C est ce qui me plait depuis le début sur le net.
Merci beaucoup Frédéric!
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C’est une tendance de fond, de plus en plus de sites proposent désormais la confrontation d’acteurs online et offline, particuliers comme professionnels. L’offre est ainsi complète et mieux adaptée à la demande s’il existe un critère géographique. Aux Etats-unis, Krillion (cité dans un article ZDnet sur l’e-commerce local) entend bien révolutionner l'e-commerce local en permettant d'une manière simple (requête double : objet de votre recherche + code postal) de trouver les meilleurs prix à proximité de votre logement. Côté français, les initiatives ne manquent pas. Lokaliz s’appuie sur le formidable potentiel d’Ebay pour géolocaliser les vendeurs du site d’enchères (le fondateur Pascal Levy-Garboua avait d’ailleurs brillamment expliqué sur son blog le potentiel de Lokaliz et de l’e-commerce local en général), Chronodrive remporte un vif succès dans les zones où le site est déployé… Pour ne citer qu’eux et en attendant un Krillion français?
L’e-commerce de proximité semble posséder un réel potentiel. C’est un relais de croissance possible pour l’e-commerce classique. Une manière de convaincre les derniers sceptiques des avantages d’Internet dans un processus d’achat, une combinaison idéale pour profiter au maximum des atouts de l’online et du offline. Autre tendance en action, l’adoption par de nouveaux secteurs du canal Web comme réel outil de promotion et de vente offline (la restauration, l’immobilier…). N’hésitez pas à lire le blog de Régis Dabo dont la ligne éditoriale tourne autour de cette thématique.
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